Cyril SUQUET


 

ODEURS DE CHAMALO DE SAINT-MALO

Saint-Malo,
terre méli-mélo
d'ombres chimères en quête d'évasion,
baume au coeur et mal au
ventre, humant l'horizon.
On y aperçoit les bateaux du mali
qui vont et viennent sur l'eau,
déchargeant des males aux
saveurs pleines de chamalos.
Pendant que les matelots s'agitent
sur un air solo de Modiano,
les mouettes, plus haut,
tournent de plus en plus vite.
Au loin, sur les remparts Vauban, les mômes
courent et n'y vont pas molo,
alléchés par les odeurs chamalo,
ces petits Malouins s'imaginent chez Régine.
Les chats malins aussi s'y mêlent
et se lèchent mollement les babines
pendant que les turbines
tournent à plein régime.

Descendus du grand donjon comme des fêlés,
les gamins heureux comme des mousses
dansent sur le sable mouillé,
au rythme des notes marines.
Ces nouveaux corsaires, rois du mime,
simulent l'abordage puis d'aller à la rescousse
des matelots maliens au fort de la Conchée.
Soudain, le bateau tousse
et d'un coup de sirène agitée,
les mioches se font brusquement la male au
fin fond des ruelles de Saint-Malo,
les bouches en coeur
débordant de chamalos
de toutes les couleurs.

 

mise en ligne 19 avril 2007

TALENT CACHÉ

Pendant que les hommes de talent,
Des artistes, de coeur et de sang,
Font la manche dans la rue,
Isolés dans cette société perdue,
Les mercenaires de l'art et les mécréants,
Vendent aux médias, du vent,
Mais peu importe le contenu,
Puisque l'emballage apporte de la plus-value.

Les vrais artistes, dans le vent,
Sont des êtres innocents,
Qui subissent à leur insu,
Un système fermé et corrompu.
Pendant que les hommes d'argent,
Gèrent les carrières de truands sans talent,
Les poétes de la vie restent inconnus,
Au grand plaisir du badaud de la rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mise en ligne 19 avril 2007

 


Mémoire d'un jour, mémoire d'une vie


Un seul regard,
Un seul sourire
Et le récit d'une vie remonte
Le long des larmes chaudes.

Les souvenirs d'enfance,
Les aventures de l'adolescence,
Les combats de la souffrance,
Les ont unis et séparés.
Comme par magie
Comme par miracle,
La mémoire de ces années passées,
La mémoire de ce temps oublié,
Resurgissent du fin fond de l'âme.

Comme si finalement,
Rien n'avait changé,
Rien n'avait disparu et occulté les années
De cette minute précise,
Où tout a basculé,
De ce silence,
Où tout est dit.

Pas un mot n'est prononcé,
Pas un battement de coeur n'est perdu,
Les larmes et les pensées
Traduisent l'émotion intacte du premier jour.

Un seul regard,
Un seul sourire
Et le récit d'une vie remonte
Le long des larmes chaudes.



mise en ligne Juillet 1998


Les Z'écrits de Cyril Suquet

site de l'auteur





Retour aux invités

Retour à l'accueil